Médecines naturelles et allopathie : Faut-il choisir ?

Si certains sont adeptes des produits naturels d’autres ne jurent que par l’allopathie. Une approche alternative existe et tend à se développer : considérer que médecines naturelles et allopathique offrent des possibilités différentes, se complètent voir se potentialisent.

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Médecines naturelles et allopathie  offrent  un réel arsenal thérapeutique permettant une réponse personnalisée et adaptée à la problématique de chaque patient. Dans plusieurs situations, les associer permet une belle complémentarité. C’est notamment le cas dans le traitement des infections bactériennes où l’association antibiothérapie et aromathérapie a vraiment du sens. L’huile essentielle de palmarosa, de tea tree ou de thym à thymol diminue la capacité des bactéries à développer des résistances aux antibiotiques utilisés conjointement .Au cours d’épisodes infectieux, l’activité des huiles essentielles (HE) est connue et documentée.

Une évolution vers la médecine intégrée

La prise en compte globale du patient et la recherche de l’offre de soin qui lui correspond est connue sous le nom de médecine intégrée ou integrative medecine pour les Anglo-Saxons. Sa définition donnée par le Dr Andrew Weil et Ralph Snyderman est la suivante : « Il s’agit de la combinaison du meilleur de la médecine classique et des thérapies complémentaires pour lesquelles nous disposons de preuves scientifiques et de garanties relatives sur leur sécurité ». Bien que pratiquée en France depuis quelques décennies, c’est aux Etats-Unis et au Canada que la médecine intégrée prend actuellement le plus d’ampleur. En effet, partant du constat que les médecines alternatives complémentaires (MCA) sont plébiscitées par les patients qui y ont spontanément recours, les instances américaines et canadiennes ont choisi de les encadrer. Aux Etats-Unis en 2002, 36 % des adultes utilisaient au moins une forme de MCA. Concernant plus particulièrement les produits naturels (plantes, substances extraites de plantes… à l’exception des vitamines et minéraux), 19% des personnes interrogées les utilisent. (1) Outre atlantique, la médecine intégrée se retrouve aussi dans le domaine de la recherche avec la création aux Etats-Unis du National Institute of Complementary and Alternative Medecine (l’Institut national de la médecine complémentaire et alternative) et celui de l’éducation médicale puisque la Harvard Medical School, l’université Stanford, l’université McMaster et l’université de Calgary notamment l’enseignent.

En ambulatoire et en milieu hospitalier

Bien que nécessitant un changement d’habitude des équipes soignantes ainsi que leur adhésion, la médecine intégrée est également possible dans les services hospitaliers. De plus en plus d’essais sont mis en place dans des services de soins palliatifs ou de rhumatologie qui associent, aux traitements médicamenteux, des huiles essentielles en massage ou en diffusion par exemple . L’Institut de Cancérologie de Lorraine, la polyclinique Saint-Jean à Cagnes-sur-mer, le CHU de Poitiers ou le CH de Valenciennes,  font partie de ces structures qui ont inclus les huiles essentielles dans leur offre de soins.
En Allemagne, cette association entre traitements allopathique et médecines naturelles, au sein des hôpitaux, est encore plus répandue. Son déploiement au sein des différents services s’appuie en général sur une collaboration avec la pharmacie de l’hôpital, la mise en place de protocoles de soins bien définis, l’organisation de formations pour le personnel soignant avec mise à disposition de documents de référence dans le service, et l’établissement d’un groupe de travail. (2)
(1)  Barnes PM, Powell-griner E, McFann K et al. Complementary and Alternative Medicine

Use Among Adults: United States, 2002. Adv data. 2004 May 27; (343): 1-19.
(2)  Gonnin claire. Thèse pour l’obtention du diplôme d’état de docteur en pharmacie. Utilisation clinique des huiles essentielles : exemples et discussions de pratiques hospitalières au Bade-Würtemberg (Allemagne). 2 012.

A partir d’un article extrait de « le quotidien du pharmacien » (18.03.2016)

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