LES HUILES ESSENTIELLES A L’HOPITAL

Le 5 octobre 2016 à Paris, Naturactive a remis le Prix d’Aromathérapie Clinique aux deux équipes lauréates suite à l’appel à projet lancé en avril 2016 sur l’utilisation des huiles essentielles à l’hôpital.  

Aujourd’hui, de plus en plus d’équipes soignantes se tournent vers les médecines naturelles en tant que soins d’accompagnement pour les malades souffrant de pathologies lourdes. En 2015, Naturactive a choisi de soutenir deux équipes (Rennes et La Rochelle-Ré-Aunis), grâce à une bourse de 5000 € pour les aider à démarrer ou consolider leurs projets d’utilisation de l’aromathérapie à l’hôpital.

 

Huiles Essentielles+Antibiotiques sur Bactéries résistantes

La résistance bactérienne aux antibiotiques menace sérieusement la prévention et le traitement des maladies infectieuses . Par conséquent, les communautés scientifiques  travaillent sur le développement de nouveaux antimicrobiens agents. L’objectif de cette étudeétait de déterminer l’activité antimicrobienne de trois huiles essentielles de l’Afrique du Nord individuellement et  en association avec des antibiotiques, pour inhiber la croissance d’un agent pathogène clinique hautement résistant Les bactéries isolées cliniquement des patients, ont par la suite été soumises à un panel de médicaments pour déterminer les profils de résistance aux antibiotiques.Les résultats obtenus ont mis en évidence l’apparition d’un fort potentiel antibactérien des huiles essentielles lorsqu’elles sont administrées seules.Dans l’expérience interactive, les huiles essentielles ont été jugées très efficaces pour réduire la résistance du Staphylococcus aureus résistant à la méthicilline À l’amoxicilline, la tétracycline, la pipéracilline, l’ofloxacine et l’oxacilline et la résistance d’ Acinetobacter baumannii à l’amoxicilline et à l’ofloxacine de manière interactive. En outre, les résultats ont montré une synergie entre les huiles essentielles et les antibiotiques ofloxacine et novobiocine contre E. coli (ESBL) produisant une bêta-lactamase à spectre étendu .

A. Lahmar, et  al.,  Reversal  of resistance  in bacteria  underlies  synergistic effect of essential oils  with

conventional antibiotics, Microbial Pathogenesis (2016), http://dx.doi.org/10.1016/j.micpath.2016.10.018

Résistance aux antibiotiques et mécanisme d’action des huiles essentielles contre les bactéries

L’augmentation de la résistance des bactéries aux antibiotiques est un problème mondial sérieux qui a orienté la recherche pour l’identification de nouvelles biomolécules avec une large activité antibactérienne. Les plantes et leurs dérivés, tels que les huiles essentielles (HE), sont souvent utilisés dans la médecine populaire. Dans la nature, les HE jouent un rôle important dans la protection des plantes. Elles contiennent une grande variété de métabolites secondaires capables d’inhiber ou de ralentir la croissance des bactéries. Les HE et leurs constituants ont des mécanismes d’action variés et très ciblés, touchant en particulier la membrane cellulaire et le cytoplasme, et dans certains cas, changeant complètement la morphologie cellulaire, voire l’expression des gènes. Dans cette étude sont décrits les mécanismes de résistance des bactéries aux antibiotiques et les modalités d’action antibactérienne des HE.

 

  • A. Bouyahya
  • Y. Bakri
  • A. Et-Touys
  • A. Talbaoui
  • A. Khouchlaa
  • S. Charfi
  • J. Abrini
  • N. Dakka

https://www.researchgate.net/publication/315111251_Resistance_to_Antibiotics_and_Mechanisms_of_Action_of_Essential_Oils_against_Bacteria

Publication médicale sur les propriétés antimicrobiennes des Huiles Essentielles et leur mode d’action

 

Le but de cet article est d’examiner le potentiel antimicrobien des huiles essentielles,  et leurs mécanismes d’action contre les agents pathogènes humains. Cette étude sera bénéfique pour les chercheurs qui souhaitent explorer le potentiel des huiles essentielles dans le développement de nouvelles molécules clés à large spectre contre un large éventail de microbes pathogènes résistants aux médicaments

 

 

 

L’ action des antibiotiques + des huiles essentielles d’Adnane Remmal – Prix de l’inventeur européen 2017

La montée des bactéries multirésistantes est un problème mondial à gravité croissante. Le biologiste marocain Adnane Remmal a eu l’idée de « doper » les antibiotiques en utilisant les propriétés médicinales du monde végétal. Son invention aidera à combattre les résistances bactériennes causées par l’abus d’antibiotiques, et à enrayer la propagation des supermicrobes multirésistants.
Le Prix de l’inventeur européen 2017 distingue les hommes et les femmes à l’origine d’innovations révolutionnaires !

« Les plantes aromatiques ne sont jamais attaquées par des bactéries, des champignons ou des parasites. Cette observation nous a poussés à nous questionner sur ce qui protège ces plantes », indique le biologiste marocain à l’équipe Oui Mais Non. « Après l’extraction des huiles essentielles, des substances à l’intérieur des plantes, nous avons découverts qu’ils contiennent des molécules qui attaquent les microbes grâce à un mécanisme beaucoup plus efficace que celui existant dans les antibiotiques. Ce mécanisme peut être assimilé à un gros marteau qui casse une porte », ajoute-t-il.

 

 

 

Adnane Remmal (Maroc)

Lauréat du Prix de l’inventeur européen 2017

Lauréat Adnane Remmal

Categorie : Pays non membres de l’OEB

Secteur : Antimicrobiens naturels

Société : Advanced Scientific Developments

Brevet(s) EP1879655

Invention: Intensifier l’action des antibiotiques au moyen d’huiles essentielles

La montée des bactéries multirésistantes est un problème mondial à gravité croissante. Le biologiste marocain Adnane Remmal a eu l’idée de « doper » les antibiotiques en utilisant les propriétés médicinales du monde végétal. Son invention aidera à combattre les résistances bactériennes causées par l’abus d’antibiotiques, et à enrayer la propagation des supermicrobes multirésistants.

Au cours de ses recherches à l’Université Sidi Mohamed Ben Abdellah de Fez, Adnane Remmal s’est attaqué à un des problèmes majeurs auxquels se heurte la médecine moderne, à savoir le nombre croissant de bactéries devenues résistantes aux antibiotiques. Selon lui, une solution pourrait venir de la tradition régionale consistant à distiller des fleurs et d’autres organes végétaux pour en extraire des arômes et des infusions.

Connaissant les propriétés antimicrobiennes, antiparasitaires et antifongiques de nombreuses plantes, Remmal savait aussi qu’utilisées à doses assez fortes pour être efficaces, elles sont souvent impropres à un usage médical en raison d’effets secondaires fréquents tels que maux de tête et nausées. D’où la solution consistant à miser sur les vertus inhérentes des antibiotiques et des huiles essentielles, en combinant les deux pour obtenir un effet de synergie tout en évitant les effets secondaires.

Développée par Remmal depuis le milieu des années 1990 et brevetée par l’OEB en 2014, l’invention a débouché sur un médicament nouveau actuellement au stade des derniers essais cliniques. Ce médicament, dont la mise sur le marché est prévue pour fin 2017, utilise une double approche basée sur les huiles essentielles pour contrer les multirésitances. En plus de son médicament qui intensifie de façon naturelle l’action des antibiotiques, Remmal a inventé un supplément tiré d’huiles essentielles qui remplace les antibiotiques et les autres produits chimiques dans l’alimentation animale. L’abus d’antibiotiques dans l’élevage intensif est une des causes majeures d’antibiorésistance.

Impact sociétal

L’Organisation mondiale de la Santé ainsi que plusieurs États et autres acteurs ont placé l’antibiorésitance en tête de leurs priorités. L’ampleur mondiale du problème rend sa solution difficile. Les infections réfractaires aux traitements médicamenteux tuent chaque année quelque 700 000 personnes à travers le monde, hécatombe qui pourrait atteindre les 10 millions d’ici 2050 faute d’une nouvelle génération d’antibiotiques. D’où l’intérêt du médicament nouvellement développé par Remmal, qui s’attaque aux bactéries moyennement et fortement résistantes avec plus d’efficacité que ne le font les antibiotiques standards, et avec moins d’effets secondaires et de résistances. Ce médicament permettra de mieux contenir les agents pathogènes et donnera à l’humanité un répit pour inventer de nouveaux antibiotiques.

Parallèlement, le complément alimentaire naturel pour bétail développé par Remmal s’attaque à un autre aspect du problème, car la moitié des antibiotiques fabriqués dans le monde, y compris ceux indispensables à la médecine humaine, sont utilisés dans l’alimentation animale. Administrés à des doses infrathérapeutiques, ces antibiotiques stimulent la croissance du bétail mais permettent aux microorganismes de survivre en développant des résistances. Ceux-ci se transmettent ensuite via la chaîne alimentaire, comme c’est le cas des souches résistantes de salmonelles et de colibacilles, et prolifèrent dans les eaux usées et les abreuvoirs.

Ajoutée à la filière normale d’alimentation animale, la formule de Remmal se révèle tout aussi efficace que les antibiotiques standards sans en avoir les effets secondaires ni engendrer de résistances.

Impact économique

La Commission européenne estime à 1,5 milliard d’euros au moins le surcoût annuel et la perte de productivité résultant des infections causées par les bactéries résistantes. Selon un rapport de la banque mondiale publié en 2016, l’impact annuel de l’antibiorésitance sur le budget sanitaire mondial d’ici 2050 pourrait osciller entre 283 milliards et plus de 984 milliards d’euros. Une partie du problème vient du fait que chaque antibiotique nouvellement synthétisé coûte à la communauté entre 500 millions d’euros et 1 milliard d’euros et comporte ses propres possibilités de résistances, d’effets secondaires et de toxicité, sans compter le risque que des investissements réalisés dans un nouveau médicament ne soient pas suivis de résultats.

Les « antibiotiques dopés » de Remmal en sont à leurs derniers essais cliniques et devraient faire leur apparition sur le marché fin 2017. Le nouveau médicament se caractérise par un faible coût de production et peut être vendu à un prix abordable du fait qu’il utilise des molécules naturelles déjà testées et approuvées dans l’industrie pharmaceutique.

En 2004, afin de commercialiser ses produits pharmaceutiques, Remmal fonda une entreprise qui a depuis lors déposé quatre demandes de brevets pour protéger le concept d’intensification de l’effet des agents anti-infectieux. La jeune entreprise a amené le principal laboratoire pharmaceutique du Maroc et de l’Afrique de l’Ouest à investir dans la commercialisation des « antibiotiques dopés ».

Adnane Remmal et ses collègues chercheurs à l’Université de Fez

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Comment ça marche ?

Il existe plus de 100 antibiotiques répartis en plusieurs classes, avec chacun leur mode de fonctionnement propre. D’une façon générale, les antibiotiques empêchent la bactérie de se reproduire ou de réparer son ADN endommagé, ou encore exploitent certaines faiblesses de sa paroi cellulaire.

À l’échelle moléculaire, Remmal compare le fonctionnement d’un antibiotique à une clef servant à ouvrir une porte : « Dès que la clef ouvre la porte, la bactérie meurt, mais si une mutation modifie un tant soit peu la géométrie de la serrure, la clef n’entre plus et la bactérie devient résistante ».

En « dopant » l’antibiotique aux huiles naturelles, Remmal a inventé une clef qui ne se contente pas d’ouvrir la porte, mais qui la démolit.

La clef spéciale de Remmal associe, aux propriétés antimicrobiennes naturelles de certaines plantes locales, les antibiotiques connus tels que les pénicillines, les céphalosporines et même les antibiotiques utilisés contre le staphylocoque doré résistant à la méticilline (SARM). L’interaction entre les molécules naturelles « dopantes » et les antibiotiques crée des « complexes moléculaires » que les mécanismes de résistance mis en œuvre par les bactéries ont de la peine à reconnaître. Les bactéries peuvent alors très difficilement développer des résistances efficaces contre le traitement anti-infectieux.

Article EXTRAIT du site internet : OFFICE EUROPEEN DES BREVETS https://www.epo.org/learning-events/european-inventor/finalists/2017/remmal_fr.html

Médecines naturelles et allopathie : Faut-il choisir ?

Si certains sont adeptes des produits naturels d’autres ne jurent que par l’allopathie. Une approche alternative existe et tend à se développer : considérer que médecines naturelles et allopathique offrent des possibilités différentes, se complètent voir se potentialisent.

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Médecines naturelles et allopathie  offrent  un réel arsenal thérapeutique permettant une réponse personnalisée et adaptée à la problématique de chaque patient. Dans plusieurs situations, les associer permet une belle complémentarité. C’est notamment le cas dans le traitement des infections bactériennes où l’association antibiothérapie et aromathérapie a vraiment du sens. L’huile essentielle de palmarosa, de tea tree ou de thym à thymol diminue la capacité des bactéries à développer des résistances aux antibiotiques utilisés conjointement .Au cours d’épisodes infectieux, l’activité des huiles essentielles (HE) est connue et documentée.

Une évolution vers la médecine intégrée

La prise en compte globale du patient et la recherche de l’offre de soin qui lui correspond est connue sous le nom de médecine intégrée ou integrative medecine pour les Anglo-Saxons. Sa définition donnée par le Dr Andrew Weil et Ralph Snyderman est la suivante : « Il s’agit de la combinaison du meilleur de la médecine classique et des thérapies complémentaires pour lesquelles nous disposons de preuves scientifiques et de garanties relatives sur leur sécurité ». Bien que pratiquée en France depuis quelques décennies, c’est aux Etats-Unis et au Canada que la médecine intégrée prend actuellement le plus d’ampleur. En effet, partant du constat que les médecines alternatives complémentaires (MCA) sont plébiscitées par les patients qui y ont spontanément recours, les instances américaines et canadiennes ont choisi de les encadrer. Aux Etats-Unis en 2002, 36 % des adultes utilisaient au moins une forme de MCA. Concernant plus particulièrement les produits naturels (plantes, substances extraites de plantes… à l’exception des vitamines et minéraux), 19% des personnes interrogées les utilisent. (1) Outre atlantique, la médecine intégrée se retrouve aussi dans le domaine de la recherche avec la création aux Etats-Unis du National Institute of Complementary and Alternative Medecine (l’Institut national de la médecine complémentaire et alternative) et celui de l’éducation médicale puisque la Harvard Medical School, l’université Stanford, l’université McMaster et l’université de Calgary notamment l’enseignent.

En ambulatoire et en milieu hospitalier

Bien que nécessitant un changement d’habitude des équipes soignantes ainsi que leur adhésion, la médecine intégrée est également possible dans les services hospitaliers. De plus en plus d’essais sont mis en place dans des services de soins palliatifs ou de rhumatologie qui associent, aux traitements médicamenteux, des huiles essentielles en massage ou en diffusion par exemple . L’Institut de Cancérologie de Lorraine, la polyclinique Saint-Jean à Cagnes-sur-mer, le CHU de Poitiers ou le CH de Valenciennes,  font partie de ces structures qui ont inclus les huiles essentielles dans leur offre de soins.
En Allemagne, cette association entre traitements allopathique et médecines naturelles, au sein des hôpitaux, est encore plus répandue. Son déploiement au sein des différents services s’appuie en général sur une collaboration avec la pharmacie de l’hôpital, la mise en place de protocoles de soins bien définis, l’organisation de formations pour le personnel soignant avec mise à disposition de documents de référence dans le service, et l’établissement d’un groupe de travail. (2)
(1)  Barnes PM, Powell-griner E, McFann K et al. Complementary and Alternative Medicine

Use Among Adults: United States, 2002. Adv data. 2004 May 27; (343): 1-19.
(2)  Gonnin claire. Thèse pour l’obtention du diplôme d’état de docteur en pharmacie. Utilisation clinique des huiles essentielles : exemples et discussions de pratiques hospitalières au Bade-Würtemberg (Allemagne). 2 012.

A partir d’un article extrait de « le quotidien du pharmacien » (18.03.2016)

Améliorer l’efficacité de l’antibiothérapie

Une recherche bibliographique suffit pour prendre conscience du fait que médecines naturelles et infections constituent un thème qui alimente de nombreuses études. Un des axes est, bien sûr, la quête de molécules pouvant être à l’origine de nouveaux antibiotiques. L’utilisation des huiles essentielles comme agent anti-infectieux est également très étudiée ainsi que leur rôle dans la diminution de l’antibiorésistance qui semble très prometteur.

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Plusieurs huiles essentielles (HE) sont connues pour leur efficacité antibactérienne. Il s’agit notamment des HE contenant des phénols comme le thymol, le carvacrol et l’eugénol, des monoterpénols avec le géraniol, le linalol, le thujanol, le terpinéol ou le menthol et des aldéhydes tel le néral, le géranial, le citronnellal et le cuminal. Les plantes médicinales leur sont volontiers associées pour renforcer l’immunité ou fournir le tropisme.
Des études sont venues valider ces propriétés et ont notamment mis en évidence la capacité de certains composants d’huiles essentielles à rendre perméable la membrane des bactéries et ainsi conduire à leur destruction. L’HE d’arbre à thé (Tea tree), sans doute la plus connue des huiles essentielles antibactériennes, a par exemple démontré une action bactéricide par induction de la fuite d’ions potassium dans des cellules microbiennes d’Escherichia coli et de Staphylococcus aureus (1). De plus, étant donné la diversité des molécules entrant dans la composition des huiles essentielles, il est fort probable que différents modes d’action soient impliqués dans leur action antibactérienne dont certains sont encore à découvrir.
Ces résultats contribuent à une augmentation du recours aux huiles essentielles pour traiter des infections classiques, notamment au niveau de la bouche et de la sphère ORL. Une option de traitement qui, en plus de correspondre à une volonté de certains patients pour davantage de naturel, peut également présenter l’intérêt de diminuer le recours systématique aux antibiotiques et donc le développement des résistances.

Les huiles essentielles contre l’antibiorésistance

La prise excessive ou inappropriée d’antibiotiques (ABT) favorise la sélection des bactéries les plus résistantes. Ce phénomène de résistance aux antibiotiques concerne toutes les espèces bactériennes et constitue aujourd’hui une préoccupation importante. En mai dernier, un article publié dans la revue Antimicrobial Agents and Chemotherapy a révélé l’existence, aux États-Unis, d’un cas de souche mutante de la bactérie E. coli résistante à tous les antibiotiques, y compris la colistine, chez une femme de 49 ans souffrant d’infection urinaire (2).
Une souche de bactéries normalement sensibles à un antibiotique peut devenir résistante par mutation ou par transfert de gènes. La dissémination des gènes de résistance aux antibiotiques peut s’effectuer au sein d’une même espèce, mais aussi d’une espèce bactérienne à l’autre. Au niveau physiologique, cette résistance peut se manifester par une diminution de la perméabilité de la membrane bactérienne, une activation de l’efflux bactérien (transporteurs membranaires qui contribuent à diminuer la concentration en antibiotique en les rejetant dans le milieu extracellulaire), une inactivation enzymatique des ABT ou la modification de leur cible au sein de la cellule bactérienne (3). Parallèlement aux travaux visant le développement de nouvelles générations d’antibiotiques, l’identification de solutions thérapeutiques permettant d’inhiber ces mécanismes de résistance constitue donc un axe majeur de recherche.
De nombreux inhibiteurs de l’efflux bactérien (EPIs – Efflux Pump Inhibitors), isolés de plantes, ont été décrits dans la littérature. L’ensemble de ces EPIs permet de restaurer, sur des souches résistantes à leur action, l’activité de différentes classes d’antibiotiques, incluant les β-lactames, les tétracyclines, les fluoroquinolones et les macrolides (3).
L’huile essentielle d’origan (Origanum vulgare) ainsi que ses principaux constituants, le carvacrol et le thymol, ont par exemple étaient testés sur des souches de Staphylococcus aureus munis de mécanismes d’efflux les rendant résistants à la norfloxacine, l’érythromycine et la tétracycline. La concentration minimale inhibitrice d’antibiotiques, déterminée selon la méthode de dilution sur gélose, a été diminuée jusqu’à quatre fois avec l’association HE/tétracycline. Pour les auteurs, ces résultats apportent la preuve que les huiles essentielles offrent un réel potentiel dans la lutte contre les résistances (4).

Note : le XVIe Colloque européen de phyto-aromathérapie, qui s’est déroulé à Besançon le 26 juin dernier, avait pour thème « Mieux maîtriser l’antibiothérapie ».

(1)   Carson CF et al. Melaleuca alternifolia (Tea Tree) oil : a review of antimicrobial and other medicinal properties. Clin Microbiol Rev 2006 ; 19 : 50-62.
(2)   McGann P et al. Escherichia coli harboring mcr-1 and blaCTX-M on a novel IncF plasmid : first report of mcr-1 in the USA. Antimicrob Agents Chemother Posted online 26 May 2016
(3)   Guinoiseau E. Molécules antibactériennes issues d’huiles essentielles : séparation, identification et mode d’action. Thèse de biochimie – biologie moléculaire, décembre 2010.
(4)   Cirino IC et al. The essential oil from Origanum vulgare L. and its individual constituents carvacrol and thymol enhance the effect of tetracycline against Staphylococcus aureus. Chemotherapy 2014 ; 60 : 290-3.

Article extrait de « le quotidien du pharmacien » (24.08.2016)

Aromathérapie et bouffées de chaleur

La stimulation des récepteurs olfactifs, par certaines molécules odorantes, entraîne l’activation du système limbique et la sécrétion de différents neurotransmetteurs. Ce fait sert souvent de socle à la théorie qui prête à la diffusion d’huiles essentielles une efficacité tant psychique que physique. Sur cette base, des chercheurs iraniens ont souhaité étudier l’impact de l’huile essentielle de lavande, utilisée par voie olfactive, sur un des fréquents symptômes de la ménopause, à savoir les bouffées de chaleur. Ces dernières concernent 50 à 80 % des femmes à travers le monde en période de ménopause. Bien que ces manifestations ne représentent aucun danger pour la santé de ces femmes, leur impact sur la qualité de vie est loin d’être négligeable.

L’étude clinique, contrôlée en double-aveugle, a inclus 100 femmes ménopausées entre 45 et 55 ans, qui ont été séparées en deux groupes de 50. Dans le premier groupe, les femmes ont respiré, deux fois par semaine, durant 20 minutes de l’huile essentielle de lavande. Dans le second, le même protocole a été suivi avec un placebo. Une expérimentation qui a duré douze semaines et qui a mis en évidence une diminution importante du nombre de bouffées de chaleur dans le groupe d’intervention. Des résultats qui, pour les auteurs, semblent être le fait d’une diminution de l’hormone du stress ainsi que d’une stimulation de la sécrétion de bêta-endorphine.
L’huile essentielle de lavande, déjà connue pour ses effets sur le stress, l’anxiété, l’insomnie… pourrait donc être conseillée pour améliorer les symptômes de la ménopause, notamment les bouffées de chaleur, et ce d’autant plus que son utilisation est simple, non invasive et sûre, précise l’équipe de chercheurs.

Source : Kazemzadeh R et al. Effect of lavender aromatherapy on menopause hot flushing: A crossover randomized clinical trial. J Chin Med Assoc 2016 ; 79 : 489-92.

A partir d’un article extrait de « le quotidien du pharmacien » (09.09.2016)

Rôle des huiles essentielles en soins dentaires

Récemment parue dans The Journal of International Society of Preventive and Community Dentistry, une revue d’articles a cherché à établir la place que pouvait prendre les huiles essentielles (HE) dans les soins dentaires. Les effets secondaires, tels que les diarrhées et les vomissements, l’augmentation de la résistance bactérienne ainsi que le coût parfois élevé des traitements antibactériens ont conduit les auteurs à réaliser cette revue de littérature. Des auteurs qui soulignent la nécessité de trouver d’autres agents thérapeutiques comme alternative à ces traitements antibactériens fréquemment utilisés dans les problèmes de bouche.

La recherche d’articles s’est concentrée autour de plusieurs huiles essentielles (HE) : HE de lavande, HE d’eucalyptus, HE de menthe poivrée, HE de tea tree, HE de giroflier, HE de cannelle de Ceylan et HE de citron. Des huiles essentielles qui, du fait de leurs propriétés, présentent potentiellement un intérêt à être utilisées en prévention ou traitement des problématiques bucco-dentaires.

«Utilisées correctement, ces huiles essentielles pourraient se révéler très intéressantes dans le traitement des pathologies dentaires et contribuer à améliorer la prise en charge des patients», indiquent les auteurs en conclusion. L’huile essentielle d’eucalyptus, du fait de son action sur certains agents pathogènes, pourrait être utilisée comme agent anticariogénique. Les huiles essentielles de citron, de tea tree et de cannelle de Ceylan pourraient contribuer à traiter les candidoses buccales et celles de menthe poivrée et de giroflier les infections bactériennes. Les auteurs voient également un intérêt à utiliser un mélange de ces huiles essentielles en association à une antibiothérapie afin de réduire la résistance bactérienne aux antibiotiques. Des propriétés qui devront être confirmées par des études cliniques avant d’inclure les huiles essentielles dans la pratique clinique.

 

-Pour en savoir plus: http://www.jispcd.org/article.asp?issn=2231-0762;year=2015;volume=5;issue=5;spage=335;epage=340;aulast=Dagli Continuer la lecture de « Rôle des huiles essentielles en soins dentaires »